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Accueil » Critiques! » Quel avenir pour l'enseignement au Maroc?
Nul ne peut nier l"importance majeure de l"enseignement dans le processus du développement dans la mesure où il constitue une base essentielle pour les autres secteurs de la société.
Quoi qu"il ait été déjà l"objet de multiples réformes, le système éducatif marocain demeure toujours voué à l"échec et ne répond point aux doléances et aux aspirations des marocains.
Certes, beaucoup d"entre nous (parents, associations, enseignants et élèves) se sentent concernés par la crise qui frappe sans répit l"enseignement public.
La dernière de ces réformes fut la charte de l"éducation et de l"enseignement promulguée en 1999 et qui n"a pas atteint les résultats escomptés. Cette charte ne prend pas appui sur notre vécu et ne reflète point notre réalité . La COSEF (commission spéciale de l"éducation et de la formation) n"a fait que reprendre autrement les instructions dictées par les organismes mondiaux tels le FMI et la banque mondiale, dont les responsables savent bien qu"un système éducatif partant de la réalité d"un pays et refusant de copier sur les autres systèmes peut bel et bien former des citoyens doués d"une volonté libre et d"un esprit libérateur.
La charte nationale de l"éducation et de la formation dit :" Le système d"éducation et de formation aspire à faire avancer le pays dans la conquête de la science et la maîtrise des technologies avancées .Il contribue ainsi à renforcer la compétitivité et son développement économique, social et humain, à une époque caractérisée par l"ouverture sur le monde"(1).
Ce sont là de grands objectifs de l"enseignement qui doivent correspondre à des engagements de la part de l"état.
Sur le terrain, rien n"a été fait pour la réalisation de ces objectifs.
En effet, beaucoup de nos enfants sont toujours non scolarisés. Beaucoup d"établissements souffrent d"un manque remarquable d"enseignants. On cite ,entre autres, la délégation de zagora, où des professeurs de svt( sciences de la vie et de la terre) enseignent les mathématiques, des professeurs d"éducation islamique enseignent le français, des professeurs d"arabe enseignent l"histoire géographie. Si l"on ajoute à tout ceci le manque de moyens didactiques ( ouvrages, manuels, tableaux, matériel audiovisuel !) et l"absence de sessions de formation continue, on déduit l"ampleur de la crise de notre système éducatif.
Pauvres élèves! Ils sont victimes d"une charte qui se moque d"eux en disant : "Dans cette perspective, elle (la réforme de l"éducation et de la formation) se doit d"offrir aux enfants du Maroc les conditions nécessaires à leur éveil et à leur épanouissement."(2).
Je me demande s"il est rationnel de parler d""éveil" et d""épanouissement" quand les effectifs vont de 45 à 50 élèves dans certaines classes de collège et de lycée. L"enseignant se trouve alors devant des situations d"enseignement apprentissage qui dépassent toute pédagogie qu"elle soit nouvelle ou traditionnelle. D"autre part, certaines statistiques enregistrées sur le terrain prouvent qu"on est très loin de parler d""épanouissement" et d""éveil" dans notre système d"éducation. Selon la revue "Le monde de l"éducation " : Le taux de scolarisation des petits marocains est officiellement de 90% dans le primaire et de 70% pour les 12-14 ans, mais dans certaines campagnes il est bien plus bas. L"aménagement des rythmes scolaires (sur une demi-journée) depuis la rentrée 1998 pour permettre aux enfants de conjurer travail de la ferme et alphabétisation n"a pas suffi pour enrayer l"absentéisme".(3)
La généralisation de l"enseignement est encore loin d"être atteinte. Des centaines d"élèves se trouvent contraints de parcourir des dizaines de kilomètres pour arriver dans leur établissement scolaire. La majorité des filles, notamment rurales, abandonnent l"école avant d"accéder au cycle secondaire collégial.
Quelle privation du savoir à l"égard des filles!
A une époque où le développement se mesure au degré du développement du savoir, il est impératif de relever le défi et de remédier aux problèmes de l"enseignement en passant par une vraie restructuration de notre système éducatif. Cette restructuration devrait absolument prendre en compte notre réalité marocaine et notre culture arabo-musulmane.
Texte intégral de la charte nationale de l"éducation et de la formation Première partie, Fondements constants. Cf La revue de l"étudiant marocain n°37 page 62.
Dernière modification par eljaouhari (07-02-2010 18:57:06)
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ouais, et si on continue sur cette chemin on va perdre tt...
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